Le contre-dépendant émotif

Rédigé par Nour BAKAYOKO

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Le contre-dépendant émotif

Le contre-dépendant passe pour le monstre dans la relation à deux parce que c’est lui qui se rapproche ou s’éloigne du dépendant. C’est généralement lui qui quitte et qui porte le fardeau de l’échec de la relation. On lui reproche, à tort, de ne pas s’être suffisamment occupé de l’autre, de ne pas avoir été assez aimant.

Si le dépendant vit l’angoisse du rejet, le contre-dépendant quant à lui vit un mélange de culpabilité, de colère, de désarroi, de doute et de frustration. Il sait le mal que son rejet pourrait faire à l’autre. Il hésite et redoute aussi la solitude après séparation.

Les contre-dépendants ont tendance à se chercher des excuses et la meilleure de ces excuses, c’est évidemment le travail ou autres activités importantes.
Le contre-dépendant diminue ses conduites de séduction. Son désir sexuel diminue aussi progressivement (différent du manipulateur soyons clairs). Il communique de moins en moins verbalement avec l’autre. Il s’enferme dans le silence, croyant ainsi acheter la paix.
Le contre-dépendant réalise souvent qu’il est piégé dans une relation avec quelqu’un qui l’aime et a besoin de lui, mais que lui n’est plus sûr d’aimer ou de pouvoir aimer. Il étouffe dans sa relation et il commence à regarder ailleurs et, parfois, il entretient une relation extraconjugale régulière ou des aventures compensatoires.
Le contre-dépendant se met de plus en plus souvent en colère contre le dépendant qui s’attache de plus en plus au contre-dépendant de peur d’être délaissé. Il se met aussi en colère contre lui-même de s’être laissé coincer. Et il se sent coupable de cette colère, d’être le salaud. Le contre-dépendant vit une ambivalence viscérale, une attirance et une aversion simultanées envers son partenaire.
Le contre-dépendant, ne pouvant prendre de décision, s’arrange pour gagner du temps. Certains vont même se marier ou avoir un 2e enfant en espérant que le TEMPS va arranger les choses. Certains se résignent ou abdiquent : de toute façon, il faut bien vivre avec quelqu’un. Il va aussi souvent proposer une séparation provisoire.

Alors que le dépendant vivra sa peine d’amour après la séparation, le contre-dépendant vit les pires affres avant de prendre la décision de quitter.
Cette ambivalence démontre que le contre-dépendant aime encore son partenaire, mais qu’il est actuellement dans le second pôle du paradoxe, soit la tendance à la différenciation : « je t’aime, mais je ne suis pas toi et je ne peux pas répondre à tous tes besoins ; je veux m’occuper du couple, mais je dois aussi m’occuper de moi-même ».

QUE FAIRE

Évidemment, ni l’amour ni le temps n’arrangeront ce déséquilibre qui ne peut que s’intensifier avec le temps, malgré l’amour et la bonne foi des deux partenaires.

- Si vous vous êtes reconnus dans l’une ou l’autre de ces positions à plus de 75 %, vous avez trois solutions possibles :
1. consulter en thérapie conjugale
2. Faire un test de satisfaction conjugale
3. Apprendre à faire intervenir la raison et savoir faire un détachement.

Dans les trois cas, vous apprendrez que le véritable coupable du déséquilibre n’est ni le dépendant qui met de la pression sur la relation ni le contre-dépendant qui résiste à l’intimité mais bien le paradoxe qui se joue au-delà de la conscience des deux partenaires.
Les deux partenaires doivent se liguer contre le paradoxe pour rétablir l’équilibre.

Que ce soit en thérapie, en faisant un test de satisfaction, vous apprendrez ce que le dépendant, le contre-dépendant et le couple peuvent faire pour rétablir l’équilibre relationnel et l’harmonie du couple à long terme.
Au-delà de tout, nous précisons que le non dépendant remarque très souvent des changements concernant son / sa partenaire. Des petites actions anodines, comme des petites cachoteries, des légers mensonges????, des reproches acerbes. Généralement, il ne répondra pas a tout ceci où même fera la remarque très rarement mais se renfermera sur lui même et bonjour les deboires.
Or le Dépendant, lui ignore la cause de ce replis, se remet en cause essaie de tout (re) parfait mais difficilement et même souvent dans cette voie de tout arranger mélange tout. Et tout repart à zéro.
Alors il vaut mieux connaître son partenaire, ce qu'il n'aime pas aussi futile soit il, il faut y accorder de l'importance.
NB: Il peut avoir d'autres problèmes dans le couple qui n'ont rien à avoir avec le caractère dépendant ou non. Ne faites pas d'amalgame.

Source: Y.Dallaire

Nour BAKAYOKO

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